Histoires du terrain
La Croix-Rouge commence à construire des abris
10 juin 2010
La Croix-Rouge bâtit cette semaine de véritables logements durables à l’intention des survivants laissés sans-abri à la suite du séisme dévastateur qui a ravagé Haïti. Plusieurs prototypes d’abris de petite taille dotés d’une ossature en bois ou en métal et de toitures en tôle avaient été érigés il y a quelques semaines déjà, y compris au camp de base de la Fédération internationale aménagé près de l’aéroport de Port-au-Prince. Toutefois, les sites en cours d’aménagement et les habitations en construction à Léogâne, à Petit-Goâve et à Jacmel dans le cadre des programmes d’hébergement des Sociétés de la Croix-Rouge espagnole, néerlandaise et canadienne sont les premiers à être attribués à des familles sinistrées par la catastrophe.
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Au total, la Fédération internationale compte bâtir 30 000 abris au titre de son appel pour Haïti, pour un budget global de près de 200 millions de dollars. La Croix-Rouge canadienne compte construire 7 500 abris antisismiques et, grâce à l’aide apportée par la Croix-Rouge haïtienne, elle a formé des charpentiers locaux à Léogâne pour construire les maisons en bois.
Bien que les Sociétés de la Croix-Rouge espagnole et néerlandaise se soient engagées à construire respectivement 5 100 et 500 abris, elles font face aux mêmes défis en matière de construction que la Croix-Rouge canadienne et d’autres organismes humanitaires en Haïti. Trouver des parcelles de terrain légales est un processus complexe, car la disparition des actes de concession de terrain et un gouvernement affaibli ont ralenti considérablement le processus administratif.
Faire face aux défis
À Makary, dans les montagnes qui surplombent Jacmel, la Croix-Rouge canadienne et les bénévoles de la Croix-Rouge haïtienne ont sollicité le concours du Conseil d’Administration de la Section Communale, Gelon Cadet Victor, autrement dit le maire du village, pour résoudre l’épineuse question de la propriété foncière.
Si M. Victor et ses collègues attestent de la propriété par droit coutumier d’une parcelle pour laquelle l’occupant est dans l’incapacité de produire un acte, la Croix-Rouge canadienne pourra alors y construire une habitation.
François Janes, 55 ans, est assis sur les décombres de la maison où il vivait autrefois avec sa femme et ses neuf enfants. Non loin poussent ses plantations de pamplemousses, d’avocats et de cacao.
« Quand le tremblement de terre s’est produit, j’ai pensé qu’il s’agissait simplement d’une violente bourrasque de vent », raconte-t-il. Par bonheur, toute la famille s’est en sortie sans mal.
« La Croix-Rouge m’a expliqué que l’abri nous appartiendra et que si, pour une raison ou une autre, nous devons partir, nous pourrons le démonter et l’emporter. »
« Quatre-vingt pour cent de nos abris sont situés dans le centre-ville de Jacmel », note Charlie Musoka, chef d’équipe, Croix-Rouge canadienne à Jacmel. « Mais les autres seront bâtis dans des zones parfois très difficiles d’accès et, dans certains cas, il faudra sans doute transporter les matériaux à dos d’âne. Les projets de construction s’accélèrent, mais la logistique est rendue compliquée par les pluies. »
À Jacmel, la Croix-Rouge canadienne, qui a enfin pu obtenir des garanties satisfaisantes sur un certain nombre de sites, a posé cette semaine les fondations de ses premiers logements. Au début, 15 unités par semaine seront construites au fur et à mesure que les problèmes de propriété seront résolus. Le processus sera lent et la patience sera de vertu pendant que la Croix-Rouge continue son travail, de concert avec les autorités haïtiennes, pour obtenir davantage de terres.


