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La Croix-Rouge construit des abris dans la capitale haïtienne

par Claire Doole à Port-au-Prince. Photos de José Jiménez.

Le camp de fortune érigé à Cité Soleil, l'un des quartiers les plus pauvres de Port-au-Prince, la capitale haïtienne, est en effervescence.

Un bulldozer manœuvre sur le terrain accidenté, nettoyant les immondices qui se sont accumulées depuis l'arrivée de centaines de familles déplacées à la suite du séisme du 12 janvier dans le camp de l'Annexe de la Mairie, un terrain public situé près de la mairie. Des hommes du camp travaillent au côté des charpentiers et des bénévoles de la Croix-Rouge à la construction des 300 petites maisons de bois couvertes de toits en tôle ondulée - destinées à la collectivité.

« Pour la première fois, l'espoir se lit dans le regard des gens, a déclaré Pascal Panosetti, délégué, Hébergement et responsable de projet, Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge. Avant le séisme, leurs conditions de vie étaient très difficiles. C'est encore pire aujourd'hui. Ils vivent dans de minuscules cabanes qui sont inondées chaque fois qu'il pleut. Je me réjouis qu'ils aient un toit sur la tête et un endroit où ils pourront vivre en sécurité.»

Ces abris sont les premiers construits par la Croix-Rouge dans la capitale haïtienne. Cette ville surpeuplée de 38 kilomètres carrés abrite près du tiers des 8,4 millions d'habitants de l'île. Le manque d'espace dans cette ville très engorgée a été un obstacle majeur à la reconstruction.

Après plusieurs mois de négociations, le maire de Cité Soleil a autorisé la Croix-Rouge à bâtir des abris destinés à 300 familles pendant une période initiale de 18 mois. Des négociations sont en cours concernant un terrain susceptible d'abriter les familles qui restent.

En mai dernier, 300 familles qui souhaitaient quitter le site ont reçu des trousses d'urgence et des outils afin de construire leurs propres abris sur les sites de leur ancienne maison. D'après M. Panosetti, quelque 120 autres familles vivant sur le site possèderaient un terrain. Son objectif est de les contacter par SMS pour savoir s'il serait possible d'y construire des abris.

Premier terrain public

Avec le projet de l’Annexe de La Mairie, c'est la première fois que la Croix-Rouge dispose d'un terrain public pour construire des abris.

Les Sociétés nationales canadienne, espagnole et hollandaise construisent actuellement des maisons en dehors de la capitale, à Léogâne, Jacmel et Petit-Goâve, sur des terrains appartenant aux bénéficiaires et sur lesquels étaient situées leurs anciennes maisons.

« Nous commençons par ceux qui possèdent ou ont hérité d'un terrain, a expliqué Celia Pastor, avocate, Croix-Rouge espagnole. Nous sommes en train de négocier avec le maire de Léogâne afin de permettre à ceux qui louaient ou squattaient des maisons avant le séisme, ou ceux dont la maison a été détruite par le séisme, de disposer d'un terrain.»

Après des débuts lents du fait du manque d'espace, des problèmes liés à la propriété des terrains et des immenses travaux de déblayage sur les sites où les maisons se sont effondrées, les choses sont en train de s'accélérer. Le gouvernement haïtien a autorisé la construction de 800 abris à La Piste, l'un des camps les plus importants de Port-au-Prince, qui abrite près de 50 000 personnes. Le site a été nettoyé et la Fédération internationale et les équipes de la Croix-Rouge canadienne procèdent actuellement à des opérations de sondage.

Dans le camp de l'Annexe de la Mairie, les quatre premiers abris ont été construits. Le charpentier Emmanuel Charles travaille depuis deux semaines au côté de la population et des bénévoles de la Croix-Rouge haïtienne.
« Chacun de nous fait le maximum. Nous sommes haïtiens et, dans ces moments difficiles, nous voulons faire en sorte que d'autres Haïtiens puissent reconstruire leur vie », a-t-il conclu.