Histoires du terrain
Haïti : « La Croix-Rouge m’a secourue à trois reprises »
12 janvier 2011

Le 12 janvier 2010, quand le tremblement de terre a frappé Haïti, Tanya Petit-Frère Bien-Aimé était enceinte de cinq mois. Elle se souvient parfaitement de ce terrible moment
« J’étais à la maison quand j’ai senti trembler le sol. Ne sachant pas ce qui se passait, je n’ai tout d’abord pas bougé. Au bruit, on aurait dit qu’une tempête s’annonçait », a confié Mme Petit-Frère Bien-Aimé.
Un peu plus tard, sa maison ayant subi de sérieux dégâts, Mme Petit-Frère Bien-Aimé est allée s’installer avec un matelas sur un terrain voisin appartenant à un marchand de voitures. Bientôt, le campement Automeca, ainsi baptisé en référence au propriétaire de la parcelle, a accueilli des milliers de sinistrés. « Le propriétaire d’Automeca avait invité les gens à venir s’installer sur son terrain. J’y suis allée avec ma fille et son futur petit frère. La nuit a été longue », s’est rappelée Mme Petit-Frère Bien-Aimé.
Quelques jours plus tard, à mesure que l’énorme opération d’aide internationale se mettait en place, Mme Petit-Frère Bien-Aimé a été parmi les premiers à bénéficier des distributions de secours de la Croix-Rouge. Enceinte de cinq mois, elle était de toute évidence parmi les plus vulnérables.
« La Croix-Rouge m’a secourue à trois reprises, a raconté Mme Petit-Frère Bien-Aimé. J’ai encore les casseroles et autres ustensiles de cuisine contenus dans la trousse offerte par la Croix-Rouge. J’ai aussi reçu des articles d’hygiène, mais cela fait longtemps que je les ai utilisés ».
Près d’un an plus tard, Mme Petit-Frère Bien-Aimé a réintégré son petit appartement poussiéreux. Début mai, alors qu’elle vivait encore à Automeca, elle a été emmenée d’urgence à l’hôpital de Cité Militaire où elle a donné naissance à un petit garçon baptisé Widjmy. C’est ensuite qu’elle a pu retourner dans son appartement, celui-ci n’ayant pas été trop gravement endommagé.
« Je rêve de pouvoir ouvrir un jour mon propre salon de coiffure, mais, pour le moment, je n’ai pas les moyens ».
Un ami lui a récemment prêté 100 dollars américains. « Ce n’est pas suffisant pour ouvrir un salon, mais je vais pouvoir acheter un peu de charbon de bois à Malpasse et le revendre ici, à Port-au-Prince. J’espère pouvoir mettre de côté ainsi assez d’argent pour réaliser mon rêve ».
Depuis le tremblement de terre, on estime à 159 100 le nombre de foyers ayant reçu au moins un article de secours non alimentaire essentiel.
