Histoires du terrain
Perfectionnement professionnel en Haïti
Par Louise Taylor, déléguée, Croix-Rouge canadienne
Port-au-Prince
29 octobre 2010
La Croix-Rouge canadienne est fière de faire partie d'un précieux programme de perfectionnement professionnel qui permet aux étudiants haïtiens en technologie de l'information (TI) d’acquérir des compétences, ainsi qu’une expérience de travail. En octobre, la Croix-Rouge canadienne, en collaboration avec NetHope, était fière d’accueillir trois stagiaires dans ses bureaux de Port-au-Prince, Léôgane et Jacmel. Emmanuel Charles, Enock Duval et John Wolf, respectivement âgés de 24, 27 et 24 ans, passeront les six prochains mois auprès de la Croix-Rouge canadienne afin de répondre aux besoins en matière de TI de l’organisation.
Mis en œuvre par NetHope, le programme parraine de nouveaux diplômés ou des étudiants en fin d’études et leur propose des stages de six mois dans diverses organisations humanitaires qui contribuent aux efforts de reconstruction à Port-au-Prince et dans les régions rurales environnantes. Près de 300 étudiants ont posé leur candidature pour combler les 30 places disponibles tant convoitées.
« Après le tremblement de terre, il était très difficile de trouver des professionnels qui pouvaient aider les organisations à combler leurs besoins en matière de TI, a confié François Ollivier, délégué, TI, Croix-Rouge canadienne. En permettant aux jeunes haïtiens d'acquérir une expérience professionnelle pratique et de poursuivre leur formation, nous pouvons les aider à trouver un emploi. À long terme, nous contribuons à la reconstruction d'Haïti ».
« L’accès à une bonne formation et à de l'équipement peut être difficile en Haïti, a expliqué Emmanuel. Nous sommes confrontés à d'énormes défis durant notre formation et une fois que nous intégrons le marché du travail, la compétition ne faiblit pas ».
Toutefois, malgré les difficultés apparentes, la poursuite d’une carrière en TI en vaut vraiment la peine. John n’a jamais envisagé une autre profession. Il a vu son premier ordinateur à l'âge de 12 ans lorsque son cousin en avait rapporté un des États-Unis. « L’ordinateur fonctionnait sous MS-DOS, mais dès que je l'ai vu, j'ai tout de suite ‘ressenti’ quelque chose, s’est rappelé John. Je ne comprenais rien aux lignes de code que mon cousin me montrait, mais la bonne combinaison créait quelque chose d'étonnant. Dès lors, j’ai été fasciné. »
La curiosité de ces trois stagiaires les a amenés à se diriger vers une carrière en TI bien avant le 12 janvier, mais ils sont tous conscients de l'importance de leur rôle dans l'avenir d'Haïti.
« Sans la capacité de communiquer, nous ne pouvons contrôler et affiner notre travail », a confié Enock. « Sans communication et sans moyens de conserver une mémoire institutionnelle, l'industrie ne se développera jamais convenablement. C'est la raison pour laquelle je veux continuer de transmettre mes connaissances et me rendre utile par l’entremise de programmes comme celui-ci. C’est essentiel pour les jeunes d'Haïti », a ajouté Emmanuel.

