Histoires du terrain
Haïti : « Je veux aider ceux qui sont vulnérables et démunis »
17 janvier 2011

Tony Saint-Germain dirige une équipe de 12 bénévoles de la Croix-Rouge spécialisés dans la promotion de l’hygiène qui sillonnent les camps de sinistrés de Port-au-Prince pour informer et sensibiliser les résidents.
« Mon rôle est de veiller à ce qu’ils s’acquittent convenablement de leur tâche. Je les accompagne et m’assure qu’ils informent correctement les gens », a, expliqué M. Saint-Germain.
Des efforts de promotion de l’hygiène ont été mis en uvre dès les premières semaines de l’opération consécutive au tremblement de terre et se sont poursuivis sans relâche depuis lors. Mais, récemment, ils ont été sensiblement intensifiés en réponse à l’épidémie de choléra. Désormais, les équipes de bénévoles comme celle dirigée par M. Saint-Germain parcourent également les marchés afin de diffuser des conseils de prévention du choléra parmi les marchands et leurs clients.
« Nous leur recommandons de se laver les mains avec du savon, de rincer méticuleusement fruits et légumes avec de l’eau pure, de ne boire que de l’eau traitée et d’aller systématiquement aux toilettes pour leurs besoins, a précisé M. Saint-Germain. Au cas où ils seraient pris de diarrhée et de vomissement, nous leur expliquons qu’il faut boire abondamment pour se réhydrater et consulter immédiatement un médecin ».
« J’éprouve de la satisfaction à aider les autres. Que ce soit à l’occasion d’un accident de la circulation ou d’une catastrophe naturelle, je veux aider ceux qui sont vulnérables et démunis », a-t-il confié.
Auxiliaire médical chevronné, M. Saint-Germain a servi comme moniteur de secourisme pendant plus de dix ans et comme coordinateur du service d’urgence de la Croix-Rouge haïtienne.
« J’étais assis sur un banc quand j’ai senti le sol trembler. J’ai d’abord pensé que c’était un camion qui passait, avant de comprendre qu’il s’agissait de quelque chose de beaucoup plus puissant. Un instant plus tard, je me suis demandé si je devais rentrer à la maison pour m’assurer que tout allait bien pour ma famille ou me rendre directement à la Croix-Rouge pour offrir mes services ».
Il n’y avait pas de moyen de transport disponible pour rentrer, mais, comme par un signe du destin, une ambulance de la Croix-Rouge est alors passée à proximité. M. Saint-Germain a fait signe au conducteur pour lui proposer son assistance, puis le véhicule s’est dirigé vers l’hôpital Sainte-Catherine Labouré, à Cité Soleil.
C’est seulement le matin suivant, après une longue nuit à secourir des blessés, que M. Saint-Germain a pu rentrer chez lui et constater avec soulagement que sa femme et leurs enfants étaient sains et saufs.
Mais, pour lui comme pour des centaines d’autres bénévoles de la Croix-Rouge haïtienne, le travail ne faisait que commencer. Il a fait partie de l’équipe qui a installé une clinique improvisée dans les locaux de la mairie de Tabarre, une banlieue de Port-au-Prince. Opérant à partir de cette base, les bénévoles de la Croix-Rouge ont fourni une assistance médicale à des centaines de patients.
« Durant les jours qui ont suivi le tremblement de terre, j’ai sillonné les rues avec ma trousse de secours afin de secourir des blessés qui étaient dans l’incapacité de se rendre dans un établissement médical »,a-t-il dit.
Les activités de promotion de l’hygiène se poursuivent sans relâche dans les campements de rescapés qui parsèment la capitale.
