Photo Photo Photo Photo Photo Photo Photo

Histoires du terrain

Haïti : « Je voulais aider à informer les résidents du camp sur la manière de se préparer aux ouragans et de protéger leurs familles »

25 janvier 2011

Pierre Redens Fritzs
Pierre Redens Fritzs’est installé le 27 janvier dans le camp Maïs Gaté 8 à Port-au-Prince, après que sa maison de Cité Casino a été détruite par le tremblement de terre. « Nous étions à la maison quand le tremblement de terre s’est produit, mais nous ne savions pas ce qui se passait alors, a-t-il raconté. On aurait dit qu’un gros camion passait à proximité. Lorsque nous nous sommes rendu compte que la maison tremblait, nous nous sommes précipités dehors avec les enfants ».

Avant la tragédie de janvier, M. Redens Fritz était enseignant dans une école primaire privée. Celle-ci a été totalement détruite et, depuis, il n’a pas retrouvé d’emploi. En revanche, il s’est engagé comme bénévole au sein du Komité Vijilans (comité de vigilance) du camp.

« J’ai joint le comité parce que je voulais aider à informer les résidents du camp sur la manière de se préparer aux ouragans et de protéger leurs familles, a-t-il expliqué. Mais j’ai vite réalisé qu’il y avait quantité d’autres choses à faire ».

Les comités de vigilance sont composés de bénévoles désignés par les résidents des campements. Leurs membres sont formés à la réduction des risques et de la vulnérabilité, à l’évaluation des capacités et aux techniques élémentaires de premiers secours par la Croix-Rouge. Ils reçoivent aussi des équipements permettant une évaluation rapide et précise de la situation sur des sites affectés ou menacés par une catastrophe.

Ces comités sont un élément clé du dispositif communautaire d’alerte rapide. Il en existe des dizaines, regroupant des centaines de bénévoles formés à la réduction des risques, dans les campements à travers Port-au-Prince.

L’ouragan Tomas

Début novembre, l’ouragan Tomas menaçait de frapper de plein fouet Haïti. À travers toute la capitale, les comités de vigilance ont été mobilisés.

« Quand nous avons appris que l’ouragan Tomas s’approchait, nous avons aussitôt informé les résidents de la menace qu’il représentait pour nous tous, a déclaré M. Redens Fritz. Les gens ont été très réceptifs et nous nous sommes méthodiquement préparés en unissant nos efforts ».

M. Redens Fritz et neuf de ses collègues du comité ont mis à contribution leurs voisins pour dégager les caniveaux du camp afin que l’eau puisse s’écouler librement. Certains bénévoles ont aidé des familles à consolider leurs abris d’urgence, d’autres ont invité les résidents à protéger leurs documents importants dans les poches en plastique fournies à cet effet par la Croix-Rouge.

Par chance, l’ouragan est passé au large de l’île et Port-au-Prince n’a pas subi d’importants dommages. Toutefois, pour M. Redens Fritz, le sentiment d’urgence qui s’est exprimée pendant ces quelques jours ne doit pas être oublié.

« Certaines personnes vivent au jour le jour. Elles ne se soucient pas du lendemain, car elles n’ont pas les moyens d’agir sur leur avenir. C’est très difficile d’inciter des personnes à planifier quoi que ce soit quand elles ne savent même pas si elles auront de quoi manger aujourd’hui ».