Histoires du terrain
Bloc-notes sur Haïti : Sophie Chavanel
Les Principes fondamentaux de la Croix-Rouge sur le terrain : un vrai défi, mais vital
Le 2 septembre 2010
Aujourd’hui, j’ai visité une école avec mes collègues de la Croix-Rouge canadienne et de la Croix-Rouge haïtienne. Depuis le tremblement de terre, cette école est sous la supervision de l’organisme Save the Children. Les cours se donnent en plein air, sous des abris de bois. L’édifice où se faisaient les classes avant le séisme est encore debout, mais personne ne veut y entrer. Les gens ici ont peur des structures de béton. On peut facilement les comprendre.
À mon arrivée à l’école, un jeune garçon vient me voir. Il veut une bicyclette. Je lui dis que je n’ai pas de bicyclette. Il me dit qu’il veut un cadeau alors, n’importe quoi.
J’ai les poches vides, je n’ai rien à lui donner et je ne peux rien lui donner non plus. C’est une partie difficile de mon travail. La Croix-Rouge fonctionne selon des principes fondamentaux bien ancrés. Grâce à ces principes, l’organisation a accès à plus d’endroits que n’importe quelle autre organisation humanitaire. L’impartialité est l’un de ces principes, c’est l’impartialité. La Croix-Rouge donne à ceux qui sont le plus vulnérables, sans discrimination ni favoritisme. Nous ne donnons qu’en fonction des besoins.
Si je donne ne serait-ce qu’un bonbon à ce jeune garçon, je devrai en donner aux centaines d’autres enfants de l’école. Et pourquoi lui avoir donné ce bonbon plutôt qu’à un autre? Et la prochaine fois qu’un de mes collègues viendra, les enfants s’attendront à recevoir d’autres bonbons. Imaginez si je lui donnais une bicyclette...
« Le 12 janvier 2010, la terre a secoué violemment Haïti. J’étais dans la salle de nouvelles de Radio-Canada, à Montréal, quand j’ai lu les premières lignes du fils de presse à 16h53, dans le style télégraphique: EARTHQUAKE HAITI MAGNITUDE 7 USGS. Les heures, les jours et les semaines qui ont suivi ont été extrêmement forts en émotions, alors que je voyais à la télé, comme vous, les images de ce pays sous les décombres. J’ai alors pris une décision. Je ne voulais plus seulement rapporter les événements de l’extérieur, je voulais être sur place. J’ai alors entrepris un nouveau parcours comme déléguée de la Croix-Rouge. » – Sophie Chavanel, déléguée de la Croix-Rouge canadienne, Haïti
Sophie Chavanel est déléguée aux communications externes de la Croix-Rouge canadienne à Port-au-Prince, en Haïti. En août 2010, cette ex-journaliste s’est jointe à l’équipe de la Croix-Rouge en Haïti, où elle séjournera pendant 12 mois. Suivez ses activités dans son journal ci-dessous ou sur Twitter à http://twitter.com/SophieChavanel.

