Histoires du terrain
Bloc-notes sur Haïti : Sophie Chavanel
Briser les mythes
Le 27 septembre 2010
Je me rends compte que les gens se font une idée complètement fausse d’Haïti. Alors, petite parenthèse pour mettre les choses au clair.
Je ne dirais pas que la vie a repris son cours normal, mais la vie a très certainement repris. Il est vrai que des centaines de milliers de personnes vivent toujours sous des tentes, que les édifices et les gens portent toujours les marques de la violence du séisme et que, tout comme avant le séisme, la pauvreté extrême est présente. Mais il y a aussi des marchés publics, des fleuristes, des vendeurs d’artisanat, des boutiques de vêtements, des taxi-moto, des gymnases, des restaurants qui n’ont rien à envier aux meilleures tables de Montréal ou Toronto, des bars et même des discothèques.
Dans son livre, Tout tremble autour de moi, Dany Laferrière parlait d’une vendeuse de mangues qui était de retour au travail le lendemain du tremblement de terre. Je trouve que l’image décrit bien les faits. Les Haïtiens ont une capacité impressionnante à se relever des durs coups qui les frappent. Les gens travaillent extrêmement dur. Chaque jour ils se retroussent les manches, sous un soleil de plomb, et vaquent à leurs occupations. Partout, on peut voir des femmes qui portent sur leur tête d’immenses bassines ou des seaux remplis d’objets de toutes sortes qu’elles vont vendre au marché. J’admire ces femmes, car il faut beaucoup de courage pour reprendre une vie normale.
« Le 12 janvier 2010, la terre a secoué violemment Haïti. J’étais dans la salle de nouvelles de Radio-Canada, à Montréal, quand j’ai lu les premières lignes du fils de presse à 16h53, dans le style télégraphique: EARTHQUAKE HAITI MAGNITUDE 7 USGS. Les heures, les jours et les semaines qui ont suivi ont été extrêmement forts en émotions, alors que je voyais à la télé, comme vous, les images de ce pays sous les décombres. J’ai alors pris une décision. Je ne voulais plus seulement rapporter les événements de l’extérieur, je voulais être sur place. J’ai alors entrepris un nouveau parcours comme déléguée de la Croix-Rouge. » – Sophie Chavanel, déléguée de la Croix-Rouge canadienne, Haïti
Sophie Chavanel est déléguée aux communications externes de la Croix-Rouge canadienne à Port-au-Prince, en Haïti. En août 2010, cette ex-journaliste s’est jointe à l’équipe de la Croix-Rouge en Haïti, où elle séjournera pendant 12 mois. Suivez ses activités dans son journal ci-dessous ou sur Twitter à http://twitter.com/SophieChavanel.
